Impôts : retraité et actif professionnellement
En Suisse, environ un tiers des personnes actives continue aujourd’hui à exercer une activité lucrative après avoir atteint l’âge de la retraite. Aperçu des aspects fiscaux qu’il convient de garder à l’esprit.
La loi établit une séparation claire entre la vie professionnelle et la retraite. En Suisse, l’âge ordinaire de la retraite, également appelé âge de référence, est fixé à 65 ans pour tous. Une exception subsiste toutefois pour les femmes nées entre 1961 et 1969, qui sont encore soumises à des dispositions transitoires. Dans la pratique, cette frontière est depuis longtemps devenue beaucoup plus souple. Un nombre croissant de personnes choisissent aujourd’hui une forme de départ à la retraite adaptée à leurs attentes et à leurs besoins personnels. Pour celles et ceux qui en ont les moyens, la retraite anticipée constitue une option privilégiée. Parallèlement, de plus en plus de travailleuses et travailleurs poursuivent une activité lucrative au-delà de l’âge officiel de la retraite. Les motivations sont diverses et propres à chaque situation. En revanche, un élément est commun à toutes ces formes de transition : les conséquences fiscales qu’il convient de prendre en compte.
L’imposition porte sur le revenu global
Beaucoup l’ignorent au moment d’atteindre l’âge de la retraite : la rente AVS est elle aussi soumise à l’impôt. Elle doit être déclarée dans la déclaration fiscale au même titre qu’un revenu d’activité. Les personnes qui perçoivent une rente AVS tout en continuant à exercer une activité lucrative disposent ainsi de deux revenus imposables : le salaire et la rente. Ceux-ci sont additionnés et imposés globalement comme revenu. Dans certains cas, ce revenu total peut même dépasser celui perçu avant la retraite et, en raison de la progression fiscale, entraîner une imposition à un taux plus élevé qu’auparavant. Il est donc toujours utile de connaître les possibilités existantes pour réduire sa charge fiscale.
Possibilité d’optimisation 1
Tant qu’une personne perçoit un revenu d’activité soumis à l’AVS et n’a pas encore atteint l’âge de 70 ans, elle peut continuer à effectuer des versements dans la prévoyance privée au titre du pilier 3a. Pour les salariés, ces versements restent déductibles fiscalement après la retraite, dans la limite du montant maximal autorisé (CHF 7’258 pour les périodes fiscales 2025 et 2026).
Possibilité d’optimisation 2
Dans de nombreux cas, il est possible de continuer à effectuer des rachats volontaires dans la caisse de pension de l’employeur afin de réduire le revenu imposable. Les conditions applicables dépendent du règlement de la caisse de pension concernée. Il convient en outre de tenir compte du fait que la déduction fiscale n’est accordée que si aucun avoir de prévoyance n’est perçu sous forme de capital dans les trois années suivantes.
Possibilité d’optimisation 3
Les personnes qui, au moment d’atteindre l’âge de la retraite, ne dépendent pas immédiatement de la rente AVS peuvent en différer le versement jusqu’à cinq ans au maximum. Chaque année de report entraîne une augmentation progressive de la rente future. Après cinq ans de report, cette majoration peut atteindre un maximum de 31,5 %. La question de savoir si un tel ajournement est financièrement avantageux sur le long terme dépend notamment de l’espérance de vie.
Faire le point à 50 ans
Lorsqu’il s’agit d’examiner et de définir sa propre manière d’aborder la retraite, la situation financière n’est qu’un facteur parmi d’autres – mais un facteur déterminant. Il est donc recommandé d’entamer une réflexion globale déjà dix à quinze ans avant d’atteindre l’âge officiel de la retraite. Quelle est aujourd’hui ma relation au travail ? Quels autres intérêts ou engagements pourraient prendre davantage d’importance dans les années à venir ? Quelles en sont les implications pour mes besoins financiers à la retraite ? Et, surtout, quelle est, à ce stade, la perspective de mes futurs revenus et de ma marge de manœuvre financière après la cessation de l’activité professionnelle ?
L’avantage d’un tel état des lieux précoce de ses projets de vie et de la situation financière attendue réside dans le fait qu’il reste suffisamment de temps pour poser les bons jalons, combler d’éventuelles lacunes et intégrer des possibilités d’optimisation fiscale.
Une réponse à (presque) toutes les questions
Des informations claires et détaillées sur l’exercice d’une activité lucrative à l’âge de la retraite, ainsi que sur de nombreux autres thèmes connexes, sont facilement accessibles sur le site internet de l’AVS/AI. Les nombreux mémentos classés par thème s’avèrent particulièrement utiles et s’adressent aussi bien aux salariés qu’aux employeurs.
À noter
Les personnes qui poursuivent une activité professionnelle à l’âge de la retraite continuent de verser des cotisations à l’AVS, à l’AI et aux APG, mais uniquement sur la part du revenu dépassant le montant exonéré de CHF 16’800 par an. Il est toutefois possible de renoncer volontairement à ce montant exonéré. Cette option permet de combler des lacunes de cotisation et d’améliorer sa rente de vieillesse lorsque celle-ci est inférieure au montant maximal.
Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet dans le mémento « 2.01 – Cotisations salariales à l’AVS, à l’AI et aux APG » de l’AVS/AI.
Auteure
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